Saga d’une montre : Eterna KonTiki


Eterna Kontiki Collection 2011

Il y a peu, Eterna dont la production annuelle est estimée à un peu moins de 10 000 montres (7000 est le chiffre avancé) vient d’être racheté par une société chinoise (International Volant Limited, filiale de Chine Haidian). Cette information donne l’opportunité de se pencher sur la montre KonTiki, référence sportive par excellence et fer de lance historique depuis 1958 d’une entreprise à laquelle la plupart des calibres mécaniques à remontage automatique contemporains sont redevables depuis l’invention en 1948 du micro roulement à bille pour masse oscillante. Saga d’un mythe horloger…


Le radeau de Balsa de Thor Heyerdahl dans les vagues du Pacifique


L’histoire de la montre KonTiki débute en 1947 avec la folle navigation du radeau du même nom organisée par l’Ethnologue norvégien Thor Heyerdahl. Cet homme qui, en 1937 était parti avec sa jeune épouse en Polynésie, avait élaboré un schéma possible de migrations ou d’interpénétration culturelle entre les peuples insulaires du Sud-Pacifique et les habitants des Andes et du Pérou, plus précisément. Aventurier véritable, ce scientifique voulait prouver par ce que l’on appellerait maintenant une expérimentation archéologique, sa vision du peuplement. Il avait préparé son projet de traversée à bord d’une embarcation précolombienne durant les années de guerre et devait pouvoir le mettre à réalisation dès 1946. Après avoir obtenu une bonne quinzaine de troncs de Balsa en équateur, il armait son navire avec cinq autres compagnons scientifiques dont l’un était navigateur et savait faire le point et deux étaient radio. Quatre d’entre-eux étaient norvégiens comme le capitaine et le sixième, Suédois. Construit sans un seul élément métallique, le radeau construit dans le port péruvien de Callao embarquait comme éléments contemporains : une radio, un petit canot gonflable, des rations de survie, des vivres fraîches et des centaines de boîtes d’ananas et des montres Eterna… Après un baptême au lait de coco, le radeau fut remorqué dans les eaux libres le 27 avril 1947 en présence d’une foule en liesse. Au dernier instant, un perroquet devait embarquer, mais devait disparaître en mer au cours de la traversée.


Thor Heyedahl à la barre et montre au poignet dans les déferlantes de l'océan Pacifique

Une traversée épique


On retiendra de cette aventure que les multiples péripéties qui se produisirent au cours des 101 jours de navigation, ont tenu en haleine les jeunes de 7 à 77 ans durant les années qui suivirent la totale réussite de l’expédition. Car, contrairement à ce qu’avaient prédit les sceptiques, l’opération hasardeuse fut un véritable succès. Après 101 jours d’une navigation épique, le Kon-Tiki devait parcourir 4 300 milles nautiques avant de s’échouer sur l’atoll de Raroia dans l’archipel des Tuamotu. Ces héros avait couvert sans assistance et dans le dénuement le plus total, une distance de 7 600 kilomètres à une moyenne de 42,5 milles couverts par jour (soit 5 kilomètres par heure en moyenne). Durant ce voyage remarquable de suspens, le matériel fonctionna à merveille et le cap fut tenu en partie grâce aux montres Eterna qui servaient quotidiennement à faire le point au sextant.


Publicité pour l'Eterna KonTiki de 1958


Une référence historique


L’aventure du Kon-Tiki laissa de nombreuses traces dans la société des années 50 – 60 si l’on considère le nombre incroyable de produits dérivés liés à cet exploit, y compris une chanson du célèbre groupe de rock n’ roll, le Shadows…


Eterna Matic KonTiki de 1958

Sans doute porté par le succès et sachant que les scientifiques de l’époque portaient des Eterna au poignet, la manufacture devait proposer la première Eterna KonTiki dans son catalogue de 1958. Ce fut, on s’en doute un énorme succès commercial. Son boîtier en acier à la grande sobriété, ses trois aiguilles lisibles, glissant au-dessus d’index luminescents triangulaires, et sa couronne surdimensionnée lui donnait un style original tout à fait dans l’esprit du temps. Ce modèle emblématique reçut rapidement un guichet de date pour être dans l’air du temps et, bien entendu, une lunette tournante dessinée spécifiquement un peu plus tard, dans le courant des années 60. En raison de sa grande fiabilité, certaines armées s’équipèrent de ce modèle durant la décennie 60-70, les commandos israéliens (le modèle de 1973 Super Kontiki équipait le « Sahyetet 13 »), entre autres, réputés pour leur extrême exigence.



Une icône de collection


En 1958, la manufacture horlogère lançit l’Eterna Matic «KonTiki», doté d’un mouvement automatique et d’un cadran aux quatre chiffres encadrés par un triangle luminescent. Son étanchéité poussée jusqu’à 100 mètres (10 bars) fit le bonheur des barroudeurs en quête d’un garde-temps fiable et robuste. Cette année là, l’entreprise dont les cinq billes au cadran soulignent l’invention faite en 1948 du roulement à bille pour améliorer le rendement des mouvements automatiques proposait un modèle pour dames, aux fonctions identiques à version masculine, mais avec un calendrier en plus.

En 1962, l’Eterna Matic Super KonTiki était lancée et offrait aux plongeurs un instrument raffiné, étanche à 200 mètres (20 bars). À ce garde-temps à lunette tournante et grande lisibilité succèdait, en 1970, l’Eterna Sonic KonTiki, une référence qui marquait l’arrivée du quartz dans l’univers d’Eterna. L’aventure sous-marine se poursuivit en 1973 avec le lancement de la Super KonTiki dont le bracelet à rallonge en permettait le port par dessus les combinaisons de plongée  se généralisant parmi le public d’amateurs.


Eterna Sonic KonTiki de 1970, la première montre à quartz d'Eterna

En 1976, la Royal Quartz KonTiki en acier rehaussé d’or s’affirme comme la plus mince des montres-bracelets avec calendrier. Au cours des années suivantes, des adaptations de ce modèles furent réalisées pour divers marchés, à commencer par l’Italie, en 1984. En 1992, avec le regain d’intérêt du public pour les prouits horlogers de qualité, la lignée retrouva  les profondeurs avec la présentation du chronomètre officiellement certifié Eterna Matic 1856 KonTiki. Étanche jusqu’à 200 m (20 bars), il fut rejoint la même année par un superbe chronographe à échelle tachymétrique animé par un mouvement à remontage automatique, lui aussi certifié chronomètre.

Eterna KonTiki Four Hands de 2004

En 2004, l’Eterna KonTiki Four-Hands devait remprendre les lignes du modèle d’origine, tandis qu’en 2006 le lancement de la KonTiki Diver au mouvement protégé dans un boîtier autonome pivotant, étanche à 1 000 mètres (100 bars), devait proposer du modèle une projection dans le futur. L’an passé, la marque avait proposée dans la série « Vintage » le modèle emblématique Eterna Super Kontiki de 1973 en série limitée et équipé, comme à l’époque, du fameux bracelet à maille milanaise plus connu sous la terminologie « Mesh ».



Eterna Super Kontiki 1973 Edition Limitée de 2010

Et, pour cette année 2011, la marque propose une nouvelle version automatique de son modèle de référence en version « trois aiguilles et dateur en guichet ». un guichet qui apparaît entre les index indiquant 4 et 5 heures. On retiendra comme spécificité de ce modèle au caractère « vintage » légèrement en retrait par rapport au précédent modèle, la présence d’un cadran bleu très tendance reprenant en décor la carte de Raroia et l’adoption du premier bracelet en gomme de couleur pour la collection. Au final, depuis maintenant plus d’un demi-siècle, la dynastie horlogère Eterna KonTiki fait le bonheur des sportifs et des élégants à travers le monde, immortalisant avec brio l’exploit de Thor Heyerdahl et de ses compagnons.

La KonTiki Date sur bracelet caoutchouc


Conçue pour rappeler l’exploit du radeau Kon-Tiki et de son équipage en 1947, la KonTiki Date est équipée du calibre SW 200 à remontage automatique signé Sellita. Il bat à 28 800 alternanes par heure et offre 38 heures de réserve de marche.


Eterna Kontiki 2011 avec cadran bleu ou blanc et bracelet en caoutchouc.

Le fond vissé de son boîtier en acier de 42 mm de diamètre, étanche jusqu’à 200 mètres (20 bars), est frappé d’un médaillon représentant le radeau Kon-Tiki. Noir, blanc ou bleu océan, le cadran affiche en son centre les contours de l’atoll de Raroia, point ultime du voyage du Kon-Tiki.

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