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Saga d’une montre : Omega Speedmaster : Chapitre 2



Omega Speedmaster Professional Moonwatch


La montre officielle de la NASA


Si le premier vol non officiel de la Speedmaster a lieu le 3 octobre 1962 lors de la mission Sigma 7, la montre est encore loin de faire partie des instruments officiels de la NASA. Seulement, l’idée germe dans l’esprit des ingénieurs d’en doter les astronautes. Ils partent donc en 1962 acheter 10 montres différentes chez Corrigan’s, réputé pour être le plus gros détaillant horloger d’Houston en Floride. Après différents tests (voir les épreuves en encadré) la Speedmaster d’Omega sort victorieuse de la redoutable compétition. Le premier mars 1965, alors que la marque suisse n’est même pas au courant de ce qui se trame,, la NASA annonce l’homologation de l’Omega Speedmaster comme montre de bord pour les missions spatiales. Avec ces quelques mots, le destin de la montre de l’espace est scellé. Les premiers astronautes à porter le chronographe Omega comme montre officielle sont Virgil I. Grissom et John Young, le 23 mars 1965 lors de la mission Gemini-Titan III. Suivent toutes les missions spatiales sans modification notable de la montre, sinon le remplacement de son bracelet métallique par un lien en velcro… une invention suisse elle aussi. L’évolution suivante intervient en 1966. Il s’agit alors d’appliquer sur le cadran la mention Professional, soit la référence ST 145.012. Seulement, en 1968, avec l’exploitation intensive par la NASA de la pièce, certaines évolutions du calibre s’imposent. Le calibre Lemania 321 à roue à colonne, d’une rare qualité avec ses finitions de haut niveau, est remplacé par le calibre 861 de la même manufacture. La roue à colonne s’efface au profit d’un mécanisme d’enclenchement dit « à navette ». Il s’agit d’un plot effectuant une translation et non pas une rotation. Le modèle de chronographe Speedmaster équipé de son nouveau mouvement sera donc reconnu sous la référence ST 145.022.

dos d'Omega Speedmaster avec mentions gravées

Encadré : un chronographe mis au supplice


Pour être qualifié, le chronographe Speedmaster a dû s’imposer sur 11 tests différents. le premier test consistait à faire endurer à la pièce une température de 70°C pendant 48 heures, puis de 90°C pendant trente minutes. Durant le second, la montre devait supporter le froid poussé jusqu’à moins 18°C. Ensuite elle devait résister au vide à des températures allant de +70°C à -18°C. Ensuite elle était soumise à un test de résistance à l’humidité sous des gradients de température oscillant entre 25°C et 70°C sous 95% d’humidité. La montre survivant déjà à ces passages obligés, est exposée à l’oxydation sous oxygène pur durant 48 heures. S’ensuivent des tests de résistance aux chocs. Les montres sélectionnées ou restantes subissent une série de 6 chocs de 40g. Suivent des épreuves d’accélération mesurées en g. La mesure s’effectue selon trois axes jusqu’à 16g. Le boîtier de la montre est ensuite contraint à un effort de décompression et de mise en pression, avant de parvenir aux derniers tests soumettant les mouvements mécaniques à d’intenses vibrations et à de très puissantes ondes acoustiques. De cette compétition, l’Omega est sortie victorieuse devant la Rolex et la Longines.


Astronaute dans l'espace avec aux poignets l'Omega Speedmaster Moonwatch


La légende au quotidien


Pour assurer son approvisionnement sans modification notable dans la qualité, la NASA ne divulgue rien de ses achats à Omega. Celle-ci, faute d’informations, apprend avec stupeur l’exploitation de ses produits en 1965, en apercevant l’un d’eux au poignet d’Edward White durant son vol extra-véhiculaire de Gemini IV. Suite à cette découverte et en accord avec l’agence spatiale américaine, Omega appose sur les cadrans de ses chronographes la mention « Speedmaster Professional ».

Cette qualification a eu, surtout à l’époque une énorme incidence sur les ventes. Devenue une icône, la Speedmaster ne pouvait plus disparaître, tout au plus évoluer au fil des années.

En 50 ans de production Omega a mis en circulation près de 250 références de Speedmaster et un nombre incalculable de séries limitées. Actuellement, cette pièce intensément collectionnée est considérée par tous les vrais amateurs, y compris d’autres marques concurrentes, comme l’une des plus impressionnantes réussites horlogères du XXème siècle.

Publicité pour une Omega Speedmaster des années 70


les questions liées à la Speedmaster.


L’une des grandes interrogation concernant la Speedmaster portée dans l’espace concerne le fait qu’elle n’ait pas explosé. En fait, dixit les ingénieurs d’Omega, les différences de pressions sont trop faibles pour permettre d’arracher le verre monté avec une bague de tension. Qui plus est, l’épaisseur très élevée du verre acrylique bagué de la montre résiste très bien aux amplitudes thermiques et n’est pas sujette aux casses, suite à des chocs thermiques. Par ailleurs, l’existence d’une pression interne a permis aux huiles de rester en place, chose qui aurait été impossible si le vide avait été fait dans le boîtier.

Une Omega Speedmaster résiste à tout même au pire...

On ne devrait pas mésestimer les verres en plexiglass car en plus d’absorber une grande partie de l’onde de choc en cas de percussion, ils ne cassent pas en une multitude de petites particules. Il n’est donc pas obligatoire de réviser le mouvement après la casse d’un verre de ce type. Quoi qu’il en soit, une rayure peut être supprimé grâce à un polissage effectué en boutique. La pièce n’est jamais immobilisée pour cela. Il faut savoir aussi que les verres d’origine portent un petit sigle en leur centre et qu’il est normalement invisible puisque dans l’axe de la trotteuse. On retiendra qu’il est toujours préférable de remonter sa montre le matin pour lui  conserver, la journée durant, un couple d’armage (la tension du ressort du barillet) suffisant. A retenir aussi : les modèles actuels avec fonds en saphir possèdent un mouvement similaire au modèle muni d’un fond en acier massif à l’exclusion d’une seule. Une des bascules en acier du calibre 861 a été remplacée par la même mais façonnée dans un plastique technique assimilé à du « Delrin ».


Le but de la manœuvre est de réduire les frottements et donc l’usure en utilisation intensive. Les puristes choisiront donc préférentiellement la version avec fond ouvert pour s’assurer d’avoir le mouvement tout en métal. Il est toujours possible de passer un bracelet en toile sur une Omega Speedmaster, mais on aura garde de changer les pompes (les barrettes de la montre fixant le bracelet au boîtier) d’origines par des versions dites imperdables et lisses pour éviter de les voir s’enfuir un jour et la montre disparaître à jamais.



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