Wiki montre : aux origines de l’horlogerie navale


Girard-Perregaux ww.tc John Harrison

Avant l’invention des premiers chronomètres de marine au milieu du XVIIIième siècle, les marins devaient essentiellement compter sur leur bonne étoile pour trouver leur route en mer. Les plus doués d’entre-eux pouvaient tenter de se repérer en faisant se recouper les informations provenant de la boussole du bord, du Loch (l’instrument permettant de connaître la vitesse en nœud) et leur position en latitude relevée à l’aide d’instruments comme l’astrolabe ou d’autres, plus rudimentaires, comme le bâton de Jacob. Seulement, malgré tout ces calculs utiles pour connaître la direction prise, la hauteur par rapport à l’équateur, il manquait encore aux gens de mer une donnée fondamentale pour savoir avec une certaine précision où ils se trouvaient sur la mer : la longitude. Autrement dit la distance qui les séparait de leur point de départ. Sans pourvoir la mesurer, il était vain de savoir exactement où un bateau se trouvait vraiment dès la côte ayant disparu à l’horizon. Cette absence d’information rendait la vie des hommes, embarqués sur des navires coûtant des fortunes, particulièrement périlleuse.


Les débuts d’une prise de conscience


Montre de pont Arnold Frodsham (c.) Arnold & Son

Le nombre extraordinaire de naufrages sur les côtes et le coût engendré par ses pertes sur les finances des Etats imposaient aux Nations de réfléchir à la fin du XVIIième siècle à la façon d’échapper à la fatalité des fortunes de mer.

L’Angleterre fut la première à réagir suite à un naufrage particulièrement dramatique au large des îles Scilly, au sud-est des Cornouailles. Devant l’horreur, la Couronne devait, en 1714, doter un concours d’une prime de 20 000 Livres Sterling (pratiquement 15 à 20 millions d’Euros actuels) à qui trouverait le moyen de calculer la longitude en mer. À cette époque, personne n’imaginait mettre une montre sur un bateau pour la raison simple qu’il n’en n’existait alors pas d’assez fiables et précises pour remplir les conditions du concours. Et comme les horloges ne pouvaient pas subir sans dommage le tangage ou le roulis du bateau, elles ne pouvaient pas servir à bord.


le mouvement de la montre de pont Arnold Frodsham

Un contexte historique et maritime

Au XVIIIième siècle, le monde n’était pas celui que nous connaissons. De nombreuses terres restaient à découvrir et les échanges économiques se faisaient essentiellement par mer au gré des vents et des courants sur des routes connues de tous et particulièrement des corsaires et pirates. En découvrant le moyen de faire le point en mer de façon juste, les marins et les hommes en général ont acquis une nouvelle perception du monde. L’horlogerie, conquête technique et scientifique, permit en premier lieu de triompher des angoisses des marins qui identifiaient la mer comme un lieu de perdition.


John Arnold. Horloger génial anglais du XVIIIième siècle


Certains horlogers visionnaires, à mi-chemin entre hommes de sciences et mécaniciens, voulaient comme les astronomes, les marins et surtout les Etats, solutionner l’épineux problème du calcul de la longitude en mer. La réponse horlogère, en ce Siècle des Lumières, ne s’imposait pas car les montres civiles susceptibles de supporter les aléas d’un long et périlleux voyage donnait l’heure juste, au mieux, deux jours. Parmi tous les concurrents de cette compétition internationale, quelques noms sont à retenir. Parmi les initiateurs, on retiendra ceux de quelques horlogers anglais et de quelques Français. Si John Harrison fut le premier à percer le secret de la Longitude, il revient à John Arnold d’être parvenu à industrialiser le mécanisme susceptible de multiplier ainsi les instruments destinés à permettre aux navires de faire route sur des mers jusqu’alors inconnues. Parmi les autres protagonistes, on citera évidemment Julien et Pierre Leroy, de Ferdinand Berthoud et de Abraham-Louis Breguet. Tous ces hommes ont contribué, par leur démarche intellectuelle comme leurs œuvres, à permettre à  l’Angleterre et à la France un peu plus tard de prendre un ascendant sur le monde, durant près de deux siècles.

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