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Wiki Montre : aux origines de l’horlogerie navale : chapitre 2



Chronomètre de marine dans sa boîte en bois signé Arnold & Son

L’interdépendance


On l’aura compris, les marins ont très vite pris l’habitude de se servir des montres pour partir en mer, hors des circuits de navigation classiques. Ils ont ainsi conquis le Pacifique, et atteints l’Australie, la nouvelle Zélande et les îles de Nouvelle-Calédonie comme celles du Pacifique sud.

Le monde était enfin fini. Les chronomètres de marine à bord des navires de guerre, puis des petits cargos se généralisaient dans le courant du XIXième siècle comme se multipliaient les montres de pont, des pièces plus petites et très précises, mais aussi souvent fort chères car équipées de mécanismes rares sinon extraordinaires que les officiers navigants s’offraient avec leur solde.

Depuis, la tradition de posséder une belle montre pour un marin est restée. Voilà pourquoi, les marques proposent régulièrement dans leurs collections des pièces spécialement calibrées pour répondre aux demandes des navigateurs et, par extension, aux plaisanciers, heureux de porter quand ils sont à la barre de leurs voiliers, un garde-temps dont ils puissent être fiers et se servir si, par incidence, leur système de navigation électronique venait, par hasard, à rendre l’âme.

Le bateau plan Fife refait par Panerai pour la belle plaisance (photo Ph Rastrelli)

Horlogerie de marine

Il faut considérer que les marins sont au moins aussi traditionalistes que les horlogers et se retrouvent au moins sur ce point des valeurs communes. Cependant, les horlogers ont perdu de vue combien les gens de mer d’aujourd’hui ont des besoins spécifiques. Logique, pour les Suisses, hommes des montagnes, l’horlogerie est devenu un symbole de luxe  dont la fonctionnalité première est d’exprimer silencieusement le niveau de richesse de son propriétaire et, par le choix de la marque, ses goûts. Connaissant les prix des voiliers et des bateaux à moteurs, moins nobles mais visés aussi, ces terriens par essence se sont dit qu’ils allaient parfaitement adhérer au concept d’avoir au poignet un engin qui dise d’eux leur passion et leur niveau social quand ils n’étaient pas sur le pont. L’idée n’est pas mauvaise, mais la cible est ailleurs.

Eilean à la gite au près

les skippers d’aujourd’hui sont sans doute toujours à la recherche de l’outil idéal qui leur rappellera ces montres de ponts que leurs ancêtres étaient fiers de sortir pour faire leur point en mer au sextant. Mais, leurs nécessités ne sont plus les mêmes et la plupart des skippers ne savent même plus ce qu’est un sextant depuis l’introduction ces dernières années, de systèmes ultra performants de navigation.

Sur les docks, c’est certain, depuis l’apparition des instruments électroniques embarqués qu’il est possible d’installer au pied de mat, le propriétaire d’un voilier privilégiera les dépenses autour des accastillages de son navire et consacrera les 4 000 € d’une montre (en premier prix) à l’achat d’un jeu de voile neuve taillé pour offrir plus de performance à son unité.

Arnold & son, une pièce équilibrée inspirée des chronomètres de marine

Trouver montre à son poignet comme chaussure à son pied


Dans le cas de la chaussure, les marques de sportswear se battent toutes pour détrôner les chaussures « bateau » à semelle blanche en caoutchouc naturel que nous connaissons tous. Pratiquement leader dans le secteur, elles ont, de fait, une sorte de monopole. Mais dans le secteur horloger aussi, il sera toujours difficile de détrôner l’incontournable Rolex. Maison de Renom, sponsor depuis des décennies dans ce domaine de la voile, et sans doute même la première à avoir compris l’utilité de s’intéresser à cet univers très particulier, elle domine les plus belles épreuves véliques intéressant les propriétaires de navires de prestige, et presque exclusivement eux.

La barre et le cockpit d'Eilean

Après, il reste d’autres épreuves comme l’America’s Cup ou la Volvo Ocean Race (ancienne Whitbread). Longtemps cette dernière épreuve a été celle de Rolex, mais consciente du changement d’esprit dans cette course de « gentlemen sailers »  elle l’a abandonné au profit d’IWC qui, elle, cherchait la performance.


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