HD3 SLYDE Digitale et Tactile : complications virtuelles



HD3 SLYDE titanium sur caoutchouc avec affichage à complication virtuelle

Avec la mode du « Touch screen » générée par les Tissot T-Touch, puis les Smartphones, il fallait bien passer à l’étape suivante et créer une montre dont le temps comme les complications soient virtuelles et dont la mise en œuvre soit, elle aussi digitale. Il y a presque trois décennies de cela, les Japonais avaient ouvert la voie en proposant des engins électroniques (Casio et Seiko) dont les écrans étaient alors capables de produire des dessins futuristes et de donner l’heure de façon originale. Ces drôles d’instruments horlogers aux designs alors considérés comme révolutionnaires avaient fait un vrai « malheur » auprès des trentenaires d’alors, fans de 2001 l’Odyssée de l’espace conquis par l’idée qu’ils pouvaient, avec ces étonnants garde-temps, devenir les maîtres de leur temps, justement…


Dans le fond et depuis l’invention de cette nouvelle technologie qu’est le quartz, il se trouve toujours des « Geek » prêts à dépenser des petites fortunes pour être en avance sur leur temps… Fort de ce constat, il semblait logique que des designers comme Jorg Hysek et Fabrice Gonet se penchent sur les perspectives d’avenir des micro-technologies tactiles  et proposent, à travers la marque HD3, le modèle Slyde.

Présenté en janvier 2011 lors du GTE à Genève, le produit avait retenu l’attention de ceux qui, fatigués de voir se décliner les grandes complications horlogères classiques, avaient envie de quelque chose de frais et de nouveau. Avec cette montre à complications virtuelles, designée avec talent, les amateurs ont tout de suite senti le potentiel d’image… Et d’image parlons en car tout tourne autour du petit écran qui constitue le cadran. Evidemment, la complication mécanique apparaissant à l’écran est une image de synthèse dynamique, autrement dit, l’ordonnancement des cames et autres rouages est purement une création en image 3D sensiblement identique aux vidéos de démo des marques classiques. Il fallait y penser !



SLYDE et affichage des phases de lune


Au final on a donc une montre à quartz dont le logiciel émule une image correspondant à l’heure qu’il est. C’est original, mais aujourd’hui encore, et un peu comme les montres à LED des années 70, particulièrement énergivore. Résultat : il faut, comme on le ferait avec son téléphone portable, recharger de temps à autre cette montre à complication sur son « dock » servant également à charger les photos ou les vidéos que l’on veut voir défiler à l’écran. Car, c’est vrai et c’est aussi l’avantage de l’électronique, cette montre finalement compliquée permet aussi d’emporter avec soi des photos personnelles en plus des complications horlogères originales qui alimenteront les conversations entre passionnés. Il faudra donc se munir impérativement du chargeur en voyage car, tout le monde tripotant à la belle, il y a fort à parier que sa batterie ne se décharge vite…



HD3 SLYDE en acier sur caoutchouc



La montre Slyde est, finalement dans l’univers horloger, un véritable OVNI ; une réminiscence futuriste du fantasme horloger suisse qui voudrait bien propulser l’horlogerie traditionnelle dans le troisième millénaire sans pour autant passer le cap. À sa façon Jorg Hysek a mis les pieds dans le plat et propose une voie médian entre tradition et modernité. En surfant sur les pulsions des uns et les angoisses existentielles des autres, il a réussi à donner naissance à un garde-temps dont la simple présence au poignet fait causer et fait pâlir l’aura d’autres fonctionnalités horlogères bien moins virtuelles.



SLYDE et autre complication virtuelle



Dans un monde toujours en quête d’une nouveauté pour laquelle l’intérêt du public sera de courte durée, dans un univers où les technologies se renouvellent à la vitesse de la pensée, cette montre arrive à propos car elle permet, par le biais des chargements évidemment payants, de changer de complications comme on changerait de costume. Attirante, elle a déjà séduit pas mal de fans de produits « High Tech » prêts à sacrifier 5000 euros (prix de base) pour avoir une complication qui, durant un dîner va écraser de sa supériorité des montres ultra compliquées valant plus de 400 000 euros.  C’est vrai, c’est tentant et cela flattera l’ego de se savoir le temps d’un soir, le centre d’un monde que le créateur de « TRON » n’aurait pas renié…


On retiendra donc que cet instrument n’a de virtuel que la technologie horlogère, son prix restant, quant à lui, bien réel… Quoi qu’il en soit, cela permet la conclusion suivante que ne reniera pas Asimov, l’inventeur de la psycho-histoire… Il y a 40 ans, l’horlogerie traditionnelle est morte, un peu, de la capacité soudaine qu’ont eu les fabricants d’ordinateurs de devenir des horlogers. Jorg Hysek, en offrant aux maisons comme Apple de devenir des horlogers, a ouvert la boîte de Pandore et laisser des industriels surpuissants se pencher sur les fonds baptismaux d’un métier qui, aujourd’hui de nouveau puissant, se croit prêt à supporter toutes les crises… Allez savoir si, la future génération, lassée par cette fascination qu’ont les adultes pour le luxe, ne feront pas leur 1968 à eux en se penchant sur des instruments comme celui proposé par HD3 et bientôt par Apple et bien d’autres ensuite… La tentation est grande et le potentiel énorme


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