ADN : BELL & ROSS FETE SES 20 ANS

bell ross

(BR 01 Heading Indicator, nouveauté Bell & Ross 2013)

Qui l’eut cru ? Bell & Ross est une marque française qui vient de célébrer ses vingt ans d’existence. Inspirée par l’aéronautique et l’horlogerie militaire, elle continue d’étonner et de détonner dans un univers pourtant conservateur.

Français, Bell&Ross, naan, c’est pas possible. Récente la marque ? Mais qu’est-ce que vous me chantez la ? Et ces chronographes qu’on croirait tout droit sortis du fond des âges à l’époque des pionniers de l’aviation, ces modèles vintage au bracelet en cuir vielli, ces cadrans empreints de nostalgie et d’histoire ? Pourtant c’est bien vrai. Hormis les passionnés d’horlogerie ou les collectionneurs, peu de gens le savent. Bell & Ross n’a pas été porté sur les fonds baptismaux par Lindbergh ni par Saint-Exupéry et encore moins par l’armée américaine, comme d’aucuns le croient. Son histoire démarre en 1992 lorsque deux amis, Carlos Rossillo (« Ross ») et Bruno Belamich (« Bell ») passionnés par les montres militaires décident de créer une marque de luxe de garde temps française avec seulement 20 000 euros en poche. Le démarrage est fulgurant. Leur première production de 200 montres, présentée en 1994, s’arrache comme des petits pains. Un an plus tard, au salon mondial de l’horlogerie de Bâle, la collection Bell&Ross fait sensation avec ses cadrans noirs et ses gros chiffres blancs qui se détachent.

bvell and ross

« A l’époque, nous étions l’un des rares exposants à proposer des montres militaires, se souvient Carlos Rossillo. Peu de marques savaient ce que c’étaient, alors que certaines avaient dans leur patrimoine des cadres noirs. Aujourd’hui, on en voit partout ». Aussi incroyable que cela puisse paraître aujourd’hui, personne ne s’intéressait alors à ce type d’horlogerie, tombé en désuétude après son heure de gloire dans les années 50-60, et malgré la préexistence de marques aussi emblématiques que Panerai, Hamilton ou Breitling. La suite de l’aventure ressemble à un véritable conte de fées. « On a fait trois fois ce qu’on avait prévu de faire la première année ! « , se rappelle « Ross ». Un succès qui ne se démentira jamais plus. Leur intuition de base est la bonne : les compteurs de vol, les tableaux de bord dont ils s’inspirent, font recette. « Notre crédo, souligne Bruno Belamich était lisibilité, fiabilité, fonctionnalité et précision. Nous n’avons jamais dévié de ces principes ». Le logo maison avec l’esperluette n’a pas changé non plus, de même que la charte graphique de Bell&Ross, toujours droite dans ses bottes.

L’esprit «Etoffe des héros », des montres de pilotes était présent dès le début. Autre

trait de génie de Bell&Ross, l’association avec Elmuth Sinn, un ancien pilote allemand chevronné très réputé dans le monde de l’horlogerie. Jusqu’au partenariat annoncé en 2011 avec le GIGN, en passant par l’Hydromax en 2007, capable d’atteindre 11 000 mètres de profondeur, la maison n’aura de cesse que de renforcer sa légitimité au contact des militaires et professionnels. Un pari réussi comme en témoigne la remise en septembre dernier à Carlos Rossillo des insignes de chevalier de la Légion d’honneur des mains du général Baptiste, directeur du musée de l’Armée. Une cérémonie dans le grand salon de l’hôtel des Invalides, on ne pouvait rêver mieux comme adoubement.

Aujourd’hui, les deux fondateurs, reçoivent dans un très bel hôtel particulier du XVIè arrondissement de Paris qui sert d’écrin à l’élaboration des collections de ce qui est devenu une véritable maison horlogère. A la tête d’une entreprise florissante qui ne publie ni ne communique aucun chiffre, un travers devenu habituel dans l’horlogerie, ils comptent Chanel comme actionnaire de référence et sont devenus un acteur incontournable, produisant ses montres dans son usine suisse de La-Chaux-de-fond. Sous leur impulsion, l’horlogerie technique et d’influence militaires est devenue un secteur à part entière. Beaucoup de concurrents se sont engouffrés dans la brèche. Mais eux ne dévient pas de leur route. Comme dans toute success-story qui se respecte, les rôles du duo sont bien partagés : à Ross le business, à Bell la création. Grâce à cela, ils sont un peu devenus les trublions du secteur, à la manière de Ben&Jerry dans la crème glacée de luxe. «Nous faisons partie des marques très regardées, confie Belamich. On est condamnés à innover, en tant que petite maison si on veut exister. Mais on se moque des tendances. L’important c’est de rester fidèles à ce qu’on est et d’être les cadors dans notre domaine ». C’est bien parti pour.

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