Dans le bureau d’Ekaterina Sotnikova, galerie EKSO

Ekaterina 1

Elle est le nouveau visage d’un concept inédit. Et comme son nom l’indique, Ekaterina Sotnikova vient de loin. Et le concept de la galerie qu’elle vient d’ouvrir (*) est étranger à tout ce qui existait auparavant en France. Portrait d’une passionnée d’horlogerie… et d’horlogers.

Jusqu’à présent, pour acheter une montre, il suffisait de pousser la porte d’une boutique spécialisée, qu’il s’agisse d’un distributeur généraliste ou d’une officine monomarque. Et puis Ekaterina Sotnikova a créé à Paris son concept innovant de galerie d’art horloger. En résumé : pas de magasin, pas de vitrine ouvrant sur la rue, pas d’accès au grand public mais un show-room réservé aux initiés. Tout se fait sur rendez-vous. C’est pourtant dans cet immeuble discret d’un quartier cossu que des montres exceptionnelles attendent les plus exigeants des amateurs de haute horlogerie. Chez Ekaterina Sotnikova ne figurent pas de marques au nom ronflant ou de manufactures célèbres, mais uniquement des alchimistes du temps travaillant parfois seuls et de façon indépendante. Et les montres qu’ils fabriquent en séries ultra limitées ou en modèles uniques ne se trouvent que chez EKSO Watches Gallery ! Une certaine idée de l’exclusivité poussée à son maximum. « Dès le jour où j’ai décidé de créer mon activité, j’ai voulu emprunter une voie nouvelle », explique la directrice de la galerie.

Ekaterina Sotnikova2

Découvrir le parcours d’Ekaterina Sotnikova permet de comprendre  très vite l’origine de cette volonté de se différencier. Née en Lettonie, la jeune femme se consacra tout d’abord au sport de haut niveau. Mais à 16 ans, une blessure stoppa net sa carrière de gymnaste. Elle choisit alors de suivre des études d’économie. Son parcours universitaire allait durer une décennie et lui permettre d’accumuler les diplômes.

En 1997, un deuxième événement bouleversera sa vie : un voyage touristique à Paris. « Je me suis dit que c’était là où je voulais vivre ». Elle dut attendre 2004 et la fin de ses études à Saint-Pétersbourg pour exaucer son rêve. Malheureusement, l’absence d’équivalence entre les diplômes russes et français l’empêcha de mettre en pratique ses connaissances en économie au sein d’une entreprise. Elle dut se résoudre à fonder son propre emploi. Mais dans quel domaine ? Heureusement, elle avait en elle une grande passion : « A force de m’acheter de belles montres, j’avais fini par en posséder une trentaine. Un jour, j’ai eu envie de franchir un cap et de prendre des cours d’horlogerie ». Une idée synonyme de déclic.

C’est au terme d’une formation à la Fondation de la Haute Horlogerie de Genève, que Ekaterina formalise en 2011 son projet  en partant d’une conviction bien ancrée : «  Si on procède comme tout le monde, on obtiendra les même résultats ! ». Alors elle imagine un concept de galerie d’art horloger et part à la recherche de talents d’exception dont elle deviendrait la distributrice exclusive. Elle voyage, rend visite, découvre, parle, écoute, et finit par sélectionner une poignée de concepteurs horlogers hors du commun : Vianney Halter, Ludovic Ballouard, Tim et Bart Grönefeld, Stephan Kudoke, Kari Voutilainen, Peter Speake-Marin. « D’origine française, suisse, néerlandaise, allemande, finlandais ou anglaise, tous sont des créateurs de talent qui conjuguent à la fois la tradition et l’innovation dans leurs manufactures artisanales pour réaliser des garde-temps uniques d’une grande complexité, à même d’offrir sous leurs cadrans du rêve et du plaisir. Des artistes qui, à l’image des sculpteurs, des musiciens ou des peintres, pensent déjà à leur prochaine œuvre ».

Ekaterina3

Comme tous les artistes de haut niveau, les protégés de Ekaterina ont une forte personnalité qu’elle a appris à apprivoiser depuis l’ouverture effective de sa galerie, en août 2012. « J’aime les gens qui parlent vrai », confie-t-elle. Elle connaît désormais si bien le tempérament de chacun de ses horlogers devenus des amis qu’elle affirme que le caractère des uns et des autres s’exprime et se révèle au travers des montres qu’ils conçoivent. Dis-moi qui tu es, je te dirai quelle montre tu crées…

C’est après l’avoir contactée par téléphone que Ekaterina vous propose un rendez-vous où l’on pourra venir découvrir les montres dont elle dispose. Le show-room de quelque 35 m2 meublé par le designer espagnol Jaime Tresserra surprend par le noir omniprésent. Si le plafond prend l’allure d’un ciel étoilé, les vraies stars des lieux brillent à l’intérieur de vitrines. Grande admiratrice de Salvador Dali (« J’aime sa folie »), Ekaterina n’a pu résister au plaisir de faire figurer une montre molle du maître catalan. La fondatrice de EKSO Watches Gallery travaille seule : « Je ne peux pas déléguer ma passion ».

Bien souvent, ses visiteurs ne viennent pas voir une montre en particulier mais font confiance à Ekaterina pour découvrir des garde-temps d’exception. « Certains ne parviennent pas à choisir et repartent avec plusieurs pièces ».

Les prix ? Entre 3500 et 350 000 euros. Mais Ekaterina Sotnikova tient à apporter une précision : « Je ne vends pas des montres, mais des histoires horlogères »…

(*) EKSO Watches Gallery. Renseignements au 06 18 49 27 12.

votre avis nous interesse

ça va vous intéresser

Jean-Jacques Weber Président de la Fondation de l’Horlogerie
Florence Sentilhes, nouvelle Présidente Pequignet
Jean-Claude Biver se lit aux éditions Eyrolles

Découvrez

Montres Journe SA rachête l’intégralité des “Cadraniers de Genève SA”
Lebron James
Bulgari en force aux Golden Globes
Gerald Genta nous a quitté le 17 août à 80 ans pour entrer au Panthéon horloger
CORUM à Top Marques 2011
Baume & Mercier – Classima & Clifton Automatique