Objectif Horlogerie visite Roger Dubuis

Vendredi 19 et samedi 20 février dernier, Objectif Horlogerie a convié une dizaine de collectionneurs et amateurs d’horlogerie à la découverte d’univers incroyables liés à la belle horlogerie, celle que nous aimons tant.

Pour la deuxième année consécutive, Samir et Jean-Yves, les animateurs des ateliers parisiens d’initiation à l’horlogerie, on ouvert les portes de l’imaginaire horloger à quelques heureux participants triés sur le volet.

Après Genève, Bâle et la manufacture Girard-Perregaux en 2015, les deux compères ont récidivé avec un programme haut en couleur. Jugez-en par ce qui suit.

Thierry Gasquez

Cela a débuté tôt vendredi matin par un rendez-vous donné à la gare de Lyon. Le départ est donné à sept heures, direction Genève. Les quelque trois heures de trajet ont ceci d’intéressant qu’elles sont l’occasion de faire connaissance. Un ingénieur, un chef d’entreprise, un banquier, un retraité, un futur horloger, un professionnel du milieu de l’art… Voici le type de profils hétéroclites que cet événement donne l’occasion de rencontrer. Un seul point commun : la passion pour la belle horlogerie. Et cela pouvait se voir aux poignets : Rolex, Parmigiani Fleurier, Breguet, Girard-Perregaux, Jaeger-LeCoultre ou autres Longines sont du voyage.

A peine arrivés à Genève, nous nous sommes engouffrés dans un van en direction de la manufacture Roger Dubuis. Et c’est par une grande surprise que nous débutons notre périple genevois. La marque Roger Dubuis, que d’aucuns imagineraient aussi discrète qu’exclusive, est en réalité une immense manufacture implantée à Meyrin, dans le canton de Genève. Elle emploie quelque 200 employés au sein de la manufacture et 180 dans le domaine commercial partout dans le monde. Cela fait neuf ans qu’elle appartient au groupe Richemont, un des trois colosses de l’horlogerie mondiale. En France, sa présence se résume à quelques points de vente ; 95 % des ventes sont réalisées à Paris. Autant dire que si vous ne passez pas à la boutique Bucherer située sur le boulevard des Capucines, ou chez Dubail sur les Champs Elysées, vous n’aurez que peu de chances de voir une de ces incroyables créations.

Nous avons la chance d’être accueillis par M. Jean-Marc Pontroué, CEO de la marque, et par M. Gaël Porte, directeur commercial en France. Leur décontraction et leur passion nous feraient presque oublier qu’il s’agit d’une des marques de haute horlogerie les plus exclusives au monde.

M. Pontroué nous explique être à la tête d’une marque à part qu’il veut “différenciante”. Elle mêle à la fois le respect de la tradition horlogère genevoise et un design osé et assumé.

Pour cette raison, Roger Dubuis est la seule marque dont 100 % de la production est certifiée du poinçon de Genève. Cette certification est donnée par TimeLab, un organisme indépendant.

http://www.timelab.ch/

Une machine détenue au sein de la Manufacture passe toutes les pièces au contrôle pour la précision. Et deux fois par mois, un auditeur de Timelab passe à l’improviste et dans quelque partie de la Manufacture que ce soit pour vérifier la qualité des finitions de chacune des pièces du mouvement fabriquées en interne.


Timelab délivre 25000 certifications “Poinçon de Genève” par an. Vacheron Constantin, Cartier, Chopard, Louis Vuitton et Roger Dubuis répondent aux critères du poinçon de Genève et sont les marques à en bénéficier. Il y a quelques années, Patek Philippe s’en est écarté au bénéfice de son propre poinçon, rompant ainsi avec l’indépendance de Timelab.
Les critères de précision du poinçon de Genève sont d’une minute par semaine. Ce qui correspondrait, dans l’absolu, à une variation d’à peu près 8 secondes par jour, soit une précision plus importante que le COSC ( -4 à +6 secondes / jour).


Roger Dubuis est une marque jeune. Elle n’a que 21 ans et a été fondée en 1995 par celui qui en est toujours aujourd’hui l’ambassadeur éponyme, M. Roger Dubuis. Cet horloger de génie est suisse et a travaillé durant 30 ans chez Patek Philippe. Il y était surnommé “Monsieur poinçon de Genève”. Lorsqu’il a quitté Patek Philippe, il s’est consacré à la restauration de montres anciennes puis, en 1995, a créé sa propre marque qu’il a voulue 100 % “Made in Geneva”. A titre de comparaison, il faut avoir à l’esprit qu’aujourd’hui la qualification de montre “Swiss Made” signifie que 50 % de la valeur ajoutée d’une montre doit être suisse. Nous sommes donc en présence, avec Roger Dubuis, de ce que Lionel Ladoire qualifiait en son temps “d’Helvet Mechanic”.

A ce jour, Roger Dubuis est à l’origine de 32 calibres exclusifs. Même les échappements et les spiraux sont réalisés en interne pour toutes les montres de la marque. Nous avons affaire à une manufacture de mouvements. Les boîtes, les cadrans et les aiguilles sont fabriqués par des entités du groupe. Mais pas en interne. La production totalise 4 500 pièces par an et Roger Dubuis est le plus gros producteur de montres à tourbillon avec quelque 500 unités par an. La production étant verticalisée, Roger Dubuis développe de plus en plus le “rarities” à la personnalisation poussée, selon les demandes des clients.

Cette marque, c’est aussi un design unique avec entre autres des squelettes architecturaux et contemporains. Une grande liberté dans la créativité, non contrainte par le poids de la tradition, est assurée par la jeunesse de la marque. Et depuis deux ans environ, on voit s’accroître la part des montres pour dames, même si elles ont toujours été présentes dans les collections, avec notamment des pièces de joaillerie.

La visite terminée, nous avons eu la possibilité d’observer et d’essayer les pièces de la collection actuelle que Valentin Tremaud nous avait apportées de la boutique genevoise.

Nul doute que les participants à ce voyage garderont un souvenir impérissable de cette visite ponctuée par un déjeuner avec le CEO, un tour de la manufacture, un atelier de perlage d’une pièce de mouvement et les essayages de montres aussi rares qu’exclusives. Tous comprennent désormais les 1250 heures nécessaires à la réalisation d’un tourbillon à répétition minute estampillé “Poinçon de Genève” !

Il est 17h lorsque nous quittons la manufacture, les yeux pleins d’étoiles et la promesse d’au moins deux d’entre nous de “ne pas en rester là avec cette marque”. Le temps de retrouver notre hôtel en centre-ville et de nous préparer à nous rendre dans un restaurant pour retrouver un horloger indépendant s’étant bien fait remarquer au dernier Grand Prix d’Horlogerie de Genève…

Jean-Yves et Samir d’Objectif Horlogerie

Fin de la première partie…

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