Jean-Claude BIVER, interview exclusive

Mardi 3 janvier denier nous apprenions le départ d’Aldo Magada de la Direction Générale de la marque Zenith après moins de 3 ans. Une source autorisée nous informait aussi que l’intérim de ce poste serait assuré par Jean-Claude BIVER lui-même en supplément de ses fonctions de président de la division horlogerie de LVMH, de Chairman de Hublot, et de CEO de TAG Heuer. Nous avons vérifié ces informations en contactant le principal intéressé. Voici les réponses de Jean-Claude BIVER à nos questions.

La Revue des Montres – Une information est parue aujourd’hui sur Business Montres annonçant le départ de Monsieur Magada des fonctions de CEO de la marque Zenith. On s’est laissé dire que vous assureriez l’intérim de cette fonction jusqu’à nouvel ordre. Me confirmez vous ces informations ?

Jean-Claude BIVER – Oui, c’est exact. Aldo Magada, en accord avec moi, a décidé de me remettre ses responsabilités. Bien entendu j’ai accepté de les reprendre ad interim. Cette immersion dans l’opérationnel de Zenith me permettra non seulement de mieux connaître encore la marque, mais certainement de pouvoir développer des idées et des stratégies qui serviront probablement le management actuel ou futur de Zenith. C’est donc avec un double intérêt que je reprends pour le moment la responsabilité de CEO de Zenith.

La RDM – Quand on connaît la difficulté d’être CEO d’une marque, comment expliquez-vous que l’homme que vous êtes soit capable d’en gérer désormais deux, de continuer à en présider une, et de mener tout un groupe horloger (branche horlogerie de LVMH – Ndlr) ?

JCB – Les deux marques dont j’assume la direction générale (Zenith et TAG Heuer), et Hublot dont j’assume la présidence, sont tellement différentes qu’il n’est pas trop difficile de gérer chacune de manière isolée sans faire de confusions. Avec plus de 40 ans d’expérience, je suis bien entendu à l’abri de toute confusion et capable de respecter l’ADN, le positionnement, la clientèle, et la philosophie de chacune de ces marques.

La RDM – Hublot est positionnée en Haute Horlogerie. TAG Heuer est positionnée à moins de 10 000 € (avec quelques incursions au-delà). Comment comptez-vous positionner Zenith ?

JCB – Hublot possède dans nos magasins un prix moyen de vente qui approche les 20’000 Euro ; Zenith se vend à un prix moyen d’environ 7’000 Euro et TAG Heuer autour de 3’000 Euro. On voit donc que chaque marque est bien définie au niveau des prix public et que chacune a sa clientèle propre.

La RDM – Zenith possède un calibre chronographe de légende, le “El Primero”, et un excellent mouvement 3 aiguilles automatique, l’”Elite”. Envisagez-vous de vous appuyer sur ces deux mouvements dans un premier temps puis d’en créer un nouveau à terme ?

JCB – Oui absolument ! Nous allons nous appuyer sur l’iconique et légendaire mouvement El Primero ainsi que sur le mouvement (un peu moins connu) Elite. Ce sont deux éléments importants de notre construction de collection et il ne fait pas de doute que ces deux mouvements seront les piliers de la collection. Par contre, il est déjà prévu, et nous le présenterons à Bâle, que Zenith sorte un nouveau mouvement chronographe inédit et révolutionnaire, ainsi qu’un tout nouvel échappement.

La RDM – Est-ce que des nouveautés seront présentées lors du prochain salon genevois, dans quelques jours ? Y a-t-il quelque chose à annoncer en pré-Genève ?

JCB – Non, il n’y a rien que nous souhaitons annoncer à l’avance à Genève, car le centre de nos présentations sera réservé au Baselworld.

La RDM – Monsieur Biver, nous vous offrons libre tribune. Quel est votre message à nos lecteurs ?

JCB – Le message que j’aimerais passer à vos lecteurs, c’est que je reprends le flambeau de Zenith avec beaucoup de passion. Les difficultés sont pour moi de véritables éléments de motivation. Je me sens plus à l’aise dans la difficulté que dans la facilité. Nous allons conserver à Zenith sa qualité “musée” légendaire et rendre hommage aux 150 ans de compétence et d’innovation que cette marque représente. Je souhaite que le 21ème siècle pèse autant pour Zenith que son passé de plus de 150 ans. Nous allons encore réaffirmer le message de la marque et nous allons rendre hommage à l’éternité de l’Art Horloger.

Propos recueillis par Thierry GASQUEZ

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Jean-Claude Biver se lit aux éditions Eyrolles

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