Montblanc – Viser les sommets

Animée par un esprit pionnier depuis 1906, Montblanc a révolutionné la culture de l’écriture grâce à des innovations sans égales. Aujourd’hui, cette maison, investie depuis 1997 dans la fabrication de montres, continue de repousser les limites de son savoir-faire en produisant ses garde-temps de façon traditionnelle au sein de ses manufactures du Locle et de Villeret, en Suisse.

Référence internationale en matière de luxe, qu’il s’agisse d’instruments d’écriture, de montres, de maroquinerie, d’accessoires, de parfums ou de lunettes, Montblanc met un point d’honneur à toujours donner le meilleur d’elle-même pour offrir aux adeptes de produits rares, de nouvelles fonctionnalités et des designs révolutionnaires empreints de tradition et d’élégance. Chacune des créations portant l’emblème à l’étoile – que l’on sait représenter les six glaciers descendant du Mont Blanc – est devenue célèbre en extrapolant les normes de qualité les plus exigeantes grâce au savoir-faire de ses artisans à l’œuvre dans ses manufactures.

Exceller dans le métier horloger

Si la tête de l’entreprise est toujours basée à Hambourg, dans le nord de l’Allemagne, la société a, dès son lancement en 1997, choisi d’implanter sa première manufacture sur les hauts du village jurassien du Locle, au cœur même du berceau de l’horlogerie suisse de précision. Depuis l’intégration, en 2007, des établissements Minerva fondés en 1858, la structure même de la société a évolué, afin de fluidifier la production et d’optimiser les rendements.

La rapide progression de l’entreprise et l’intégration à l’ensemble horloger Montblanc des ateliers Minerva – rebaptisés pour l’occasion « Manufacture Villeret » – ont imposé de revisiter la spatialisation des tâches horlogères au sein de la société. Aujourd’hui, la maison de maître située au Locle, bâtisse typiquement Art Nouveau, s’inscrit au cœur du dispositif horloger de Montblanc. Longtemps, elle a été la place où se concevait le design. Toutefois, pour des questions d’optimisation de la performance, cette entité a rejoint Villeret où se trouve la section Recherches & développements et l’atelier de prototypage et la production d’atelier T1.

Désormais, outre des bureaux, un lieu de réception, elle abrite toutes les activités autour de l’assemblage des montres. Dans les salles donnant sur le jardin, se regroupent les ateliers d’assemblage T2. Ces derniers, exempts de la moindre poussière, réunissent des opérateurs monteurs, dont une partie est diplômée en école d’horlogerie.

Ces spécialistes assemblent les périphériques, réalisent le montage des cadrans et des aiguilles sur les mouvements. Ils procèdent également à l’emboîtage, au montage des bracelets et des fonds. En ces lieux, sont assemblées par îlots les pièces féminines, les séries classiques comme les TimeWalker et même les chronographes Rieussec.

Seules les pièces à complications sont assemblées à Villeret. En revanche, ce sont les ateliers du Locle qui ont la charge d’effectuer les contrôles qualité avant expédition. C’est, en effet, dans cette belle demeure datant de 1906 que sont regroupés les ateliers T3 qui testent et vérifient l’étanchéité des pièces dans des cuves spécifiques. C’est également là que sont effectuées les validations de l’épreuve des 500 heures sur des machines de type « Cyclotest ».

Les ateliers de Villeret 

C’est au cœur de la vallée de Joux, autre petit coin du Jura suisse réputé pour la qualité de son travail horloger, qu’est implantée la manufacture Villeret. Ce vaisseau amiral de l’horlogerie Montblanc a été confié à la maison par Richemont après le rachat par le groupe de la manufacture Minerva, en 2007.

Cette entité est bien connue pour la belle facture de ses chronographes et autres instruments de mesure de temps courts à destination des sportifs et militaires. Très vite, la manufacture, dotée de bâtiments historiques totalement adaptés à la fabrication de composants, a concentré les ateliers de T0 (étampage, usinage, fraisage), ceux de T1 et une partie du T2.

Il y a deux ans également, le bureau de recherche et développement, précédemment implanté au Locle, a été intégré à Villeret, ce qui permetait davantage de souplesse dans le travail et davantage de réactivité, les équipes pouvant échanger sans rallonger de façon inconsidérée les déplacements. La fluidité y a gagné et, par extension, la créativité. C’est à Villeret également que sont prototypés et testés les produits de nouvelle génération.

Dans les ateliers ancestraux aux parquets en pointe de Hongrie et aux baies vitrées ouvertes sur la vallée et la lumière du Nord, les artisans, sélectionnés pour leur habileté et leur expérience, assemblent et contrôlent les chronographes, dont les principaux composants ont été créés sur place, de la boîte au calibre et des ponts au groupe de régulation balancier-spiral. Réalisés dans le respect des traditions, ces instruments sont à l’image de la maison et des artisans qui leur donnent vie : au sommet de leur art, dans le respect de la tradition, mais avec le regard toujours tourné vers l’avenir, afin d’offrir aux générations futures de pouvoir accéder à un luxe contemporain inscrit dans la durée.

Entretien avec Nicolas Baretzki, CEO

L’horlogerie est un des piliers de la maison Montblanc, elle exprime un réel contenu d’innovation et de savoir-faire technique. à travers ses collections horlogères, c’est une offre de qualité qui s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes.

Vous avez pris vos nouvelles fonctions il y a quelques semaines. Pouvez-vous nous retracer votre parcours ?

« Ma passion pour les montres et la joaillerie m’est venue très jeune, dans la bijouterie de mon grand-père à Paris, et j’ai la chance de vivre depuis plus de vingt ans dans des maisons riches de patrimoine, d’innovation et de créativité. Après un long passage chez Cartier et Jaeger-LeCoultre, je participe, depuis quatre ans, au développement de Montblanc et je me réjouis de poursuivre la belle aventure démarrée auprès de Jérôme Lambert et de partager cette même passion pour la belle horlogerie avec tous nos partenaires et clients sur les cinq continents. »

Quelle est la place de l’horlogerie au sein de la maison Montblanc ?

« L’horlogerie est un des piliers de la maison Montblanc en termes de produits et de création. Elle représente une part significative de l’activité et exprime un réel contenu d’innovation et de savoir-faire technique. La maison propose, à travers ses collections horlogères, une offre de qualité qui s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Offre qui répond à une demande mondiale : en Asie, de petites complications et un positionnement prix agressif en place depuis quatre ans ; en Europe et en Amérique, des collections plus sportives et un design rétro-chic. »

Deux manufactures horlogères, pourquoi ?

« Montblanc possède historiquement deux outils de production. L’absorption de la manufacture Minerva au début des années 2000, et donc de son histoire et héritage en terme de produits et de savoir-faire, permet à l’horlogerie Montblanc de s’appuyer sur 160 ans d’existence. En ce sens, TimeWalker illustre le savoir-faire unique de Montblanc. La ligne se positionne comme une évolution contemporaine d’une exploration technique sur les compteurs et stop-watches commencée au début du xxe siècle et qui a permis de créer ce que nous appelons aujourd’hui chronographe. Produit emblématique, le Rally Timer est d’ailleurs une réinterprétation contemporaine d’un chronographe/compteur Minerva des années 1950. TimeWalker est la traduction moderne et performante de cet héritage sportif et technique, avec un design fort et riche grâce à notre équipe développement et design basée au Locle ainsi qu’à notre manufacture du Locle. Toute la ligne est garantie par le test 500 heures, réalisé au Locle.

Le savoir-faire unique Minerva, en termes de chronographes monopoussoirs manuels faits et décorés à la main, vient dynamiser le haut de gamme de TimeWalker. Pour preuves, le Rally Timer animé par le 16.29 Minerva (le même mouvement qui équipe le Chronograph Tachimetre 1858 primé au Grand Prix d’horlogerie de Genève en 2016), ou encore le Chronographe bifréquence 1000e de seconde abritant, lui aussi, un magnifique mouvement conçu et réalisé à la main à Villeret. »

Le choix de posséder ces manufactures va-t-il au-delà du besoin d’indépendance ?

« Tout à fait. Cette configuration organisationnelle unique dans l’horlogerie permet à Montblanc d’exprimer une horlogerie de caractère, comme le Spirit of Racing pour TimeWalker, avec une puissance et une légitimité très présentes. Cette approche va être appliquée à tout notre patrimoine et expertise. »

Combien votre manufacture compte-t-elle de collaborateurs et d’horlogers aujourd’hui ?

« Comme vous le savez, nous ne communiquons pas au niveau de nos chiffres. Cela dit, notre département horlogerie compte environ 200 collaborateurs. »

Quelle est la place des jeunes dans l’entreprise ?

« Nous consacrons un investissement important pour la formation des jeunes. La maison valorise les jeunes diplômés prometteurs, sortant des écoles d’horlogerie du groupe ou cantonales. »

Certaines marques travaillent beaucoup sur la haute fréquence, d’autres sur les matériaux de type silicium, ou encore la chronométrie. Quelles voies technologiques d’avenir explorez-vous en priorité ?

Si on revient à TimeWalker et à son esprit qui vise les passionnés d’automobile, nous menons une exploration très poussée sur les matériaux avec l’utilisation de céramique haute technologie monobloc, de titane, de carbone et de différents traitements de surface – par exemple, le DLC appliqué également sur les calibres manufacture, c’est le cas du tout nouveau Exo-tourbillon Chronographe. Nos diverses explorations s’avèrent également très prometteuse dans la dématérialisation et l’ultralégèreté avec le concept TimeWalker Pitagore Ultra Light, une montre qui pèse 19 grammes, l’équivalent de 4 feuilles de papier A4. Pour atteindre ces performances extrêmes, nous avons utilisé un composite technologique à haute performance ITR2, enrichi pour la première fois de Kevlar pour accroître autant sa légèreté que sa résistance. »

Le cours élevé du franc suisse est-il un frein au développement de l’industrie horlogère suisse ?

« Non ! Nous poursuivons notre développement en termes d’innovation à travers nos produits et mouvements, afin d’enrichir la qualité de notre offre unique sur le marché. »

La montre et les objets connectés vous apparaissent-ils comme une opportunité ou une nouvelle famille de produits ?

« Il y a deux ans, Montblanc était la première maison à présenter le e-strap, un bracelet connecté.

La Montblanc Summit, première montre connectée de la maison affichant un design vintage adapté, est en train de rencontrer un franc succès. Pour Montblanc, cette pièce est l’occasion d’entrer en contact avec la nouvelle génération, très sensible au digital, de l’amener à se familiariser avec l’univers Montblanc et à découvrir le plaisir d’une vraie montre afin de les driver vers un achat mécanique de la marque dans quelques années. C’est pour cela que nous avons décidé d’utiliser un design très vintage en totale rupture avec l’offre du marché : par exemple, une glace saphir bombée unique sur le marché des montres connectées, des cadrans repris de la ligne 1858 et des finitions horlogères très qualitatives. »

Loin des prévisions apocalyptiques, les montres connectées sont tout simplement devenues un nouveau segment entrée de gamme dans le monde de l’horlogerie “élargie”. »

Quels sont les axes de développement qui vous tiennent particulièrement à cœur ?

« Ils sont au nombre de quatre :

-  Valoriser notre histoire et notre héritage horloger, via la visibilité donnée à l’histoire Minerva et à sa retranscription dans les codes design de Montblanc. Une étape fondamentale pour asseoir notre légitimité horlogère.

-  Créer de la valeur ajoutée pour nos clients en se concentrant sur nos lignes historiques et en développant des designs pour des montres masculines et féminines inscrits dans les codes Montblanc.

-  Développer l’offre sport qui est très pertinente par rapport à Montblanc, à travers le lien historique des instruments de mesure dans la maison Minerva.

-  Développer notre présence chez les acteurs clés du réseau horloger afin de faire connaître les spécificités de Montblanc au reste du marché. »

Avez-vous une complication préférée ou fétiche ?

Le chronographe monopoussoir. Pas uniquement pour sa fonction, mais surtout pour la beauté du calibre.

Nos chronographes monopoussoirs sont faits et décorés entièrement à la main à Villeret. Composants et finitions relèvent de la haute horlogerie avec des angles rentrants, des anglages manuels, un spiral produit à l’interne, des côtes de Genève, une flèche Minerva sur la bascule du chronographe, un mouvement en Maillechort, un pont en forme de V typique de la région et une fréquence 18 000 alternance/h. »

Votre prochaine nouveauté en 30 secondes.

« La TimeWalker Exo-tourbillon Chronograph LE 100 all black DLC avec mouvement manufacture MBR 230 rhodié noir. Nous avons utilisé sur le cadran du Superluminova Mystérieux, qui fait apparaitre dans le noir une bague luminescente pour une parfaite lisibilité de l’heure. Cette montre porte en elle les deux piliers techniques de Montblanc : l’exo-tourbillon et le chronographe monopoussoir. Deux complications développées et déposées à Villeret, qui exprime tout le caractère de la maison. »

TimeWalker Chronograph 1000 Édition Limitée 18 : plus de décimales

Inutile de s’interroger plus longtemps sur les fonctionnalités de ce chronographe mécanique : il mesure le temps écoulé au millième de seconde. Véritable summum de la technologie horlogère, cet instrument embarque un mouvement à haute fréquence de dernière génération couvert par deux brevets et vingt-deux brevets auxiliaires pour une combinaison inédite de performance et d’innovation.

Un mouvement hors du commun

Avant de plonger au cœur de la mécanique, un petit descriptif de ce garde-temps hors du commun s’impose. Son boîtier de 46,4 mm de diamètre a été réalisé en titane et, pour gagner en légèreté, les cornes ont été semi-squelettées. Dans l’esprit du temps, l’ensemble a reçu un revêtement en DLC noir augmentant ainsi la résistance aux rayures. Efficace et originale, la carrure se pare d’un monopoussoir en titane placé à 12 h et d’une lunette fixe en céramique noire, gravée de chiffres arabes blancs, détail inspiré du code esthétique de la ligne améliorant lisibilité et donc performance.

Reste à découvrir le mouvement de cet instrument hors du commun. Contrairement à ceux dits « classiques », il fonctionne avec un mouvement à remontage manuel doté de deux organes de régulation. Le premier indique les fonctions de temps, et le second pilote les indications du chronographe. Les heures et les minutes sont au centre du cadran avec un compteur de petite seconde, à 9 h. L’affichage des heures, des minutes et des secondes fonctionne grâce à un grand balancier qui bat à la fréquence traditionnelle de 18 000 alternances par heure. Ce balancier est partiellement visible à travers le cadran squeletté à 7 h. Tous les autres indicateurs affichent les fonctions de chronographe, priorité absolue de ce garde-temps exclusif. Le petit balancier du module chronographe est visible à 10 h et oscille à la fréquence de 360 000 alternances par heure (50 Hz) durant 45 minutes (durée de la réserve de marche du barillet autonome). Afin de permettre un réglage minutieux et d’améliorer ainsi sa précision, le petit balancier du chronographe est équipé de deux spiraux, fixés l’un sur l’autre. Lors d’une mesure de temps, l’aiguille des centièmes de seconde fait le tour du cadran une fois par seconde puisque est régule par le balancier battant à une fréquence de 360 000 alternances par heure. Un mécanisme particulier et breveté appelé « mobile de millièmes » fournit l’indication de millième dans le large guichet, une fois la mesure de temps arrêtée.

Magnifique d’efficacité, cet instrument au look sportif inspiré des courses automobiles offre une autonomie de 100 heures en fonction montre simple (lisible sur une jauge à 3 h) et se porte sur un bracelet en cuir perforé inspiré des gants de pilotes.

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