Richard Mille – Ici naît le futur

Derrière ces murs et ces fenêtres à l’apparence sage, sont imaginées, conçues et fabriquées les montres Richard Mille. Des pièces figurant parmi les plus innovantes du monde de l’horlogerie.

Et non ! Malgré leur look “science-fictionnesque”, leur technicité extraterrestre et leur légèreté surnaturelle, les montres Richard Mille ne proviennent pas d’une planète aussi lointaine qu’inconnue. C’est, en effet, dans une petite commune du Jura suisse, Les Breuleux, que se dresse la manufacture. C’est bien là que naissent ces ovnis horlogers que s’arrachent les collectionneurs, accumulant les superlatifs et apparaissant comme un fantasme inaccessible aux communs des mortels.

Inutile de faire un dessin : les montres Richard Mille tutoient les sommets en termes de performances, de rareté… et de prix. Pourtant, pour effectuer le voyage spatio-temporel menant au cœur de cet univers mystérieux, il suffit de pousser une porte. Celle d’un bâtiment moderne aux formes géométriques toutes simples, relié par une passerelle à une bâtisse plus ancienne portant l’inscription « Montres Valgine ». Ce simple tour d’horizon initial résume presque à lui seul l’esprit maison : le mariage du passé et du futur, mais aussi l’union des talents.

Le passé, c’est celui d’une saga familiale, l’histoire de l’ami et partenaire de Richard Mille (l’homme, pas la marque), Dominique Guenat, président d’une entreprise horlogère centenaire, Guenat S.A. Montre Valgine. Associés depuis l’aube du troisième millénaire au sein de la société Horométrie, ils ont lancé ensemble la RM 001 en 2001, premier pas d’une incomparable aventure industrielle et d’une réussite économico-médiatique sans équivalent.

Le futur, c’est la vision qu’ont eue les deux hommes dès le lancement de la nouvelle marque et, surtout, l’ambition qui fut la leur, de concevoir des montres différentes. Un concept du « toujours plus ».

Pour résumer, Richard Mille voulait créer les montres de ses rêves, sans se préoccuper des coûts de production. La méthode du « Quand on veut, on peut »… Nul doute que depuis 2001, bien des ingénieurs et des horlogers ont dû frémir lorsqu’ils ont vu le boss s’approcher d’eux et leur dire : « Je viens d’avoir une idée… » Des « briefs challengeants » (doux euphémisme), comme en 2003, lorsqu’il conçut la RM 008, premier chronographe emblématique de la marque qui impressionna d’emblée par son ambition et son audace, tant esthétiques que technologiques. Ce modèle allait avoir pour héritiers des pièces aussi hors normes que la RM 050 Felipe Massa, capable de résister à l’ouragan d’un Grand Prix de F1, dont le boîtier était fabriqué dans un polymère injecté de nanotubes de carbone ; ou encore la RM 27-03 Tourbillon Rafael Nadal en Carbone TPT® et Quartz TPT®, dont le mouvement résiste à des chocs de 10 000 g.

Ces montres d’exception avaient certes été réalisées en partie avec des partenaires extérieurs, disposant de connaissances et de capacités spécifiques, mais Richard Mille a toujours voulu travailler « chez lui ». Chez lui, c’est donc aux Breuleux, dans ces deux bâtisses précédemment décrites auxquelles s’est ajouté, en 2013, un troisième site de 3 000 m2, baptisé « ProArt », installé tout à côté.

Suivez le guide

Le premier bâtiment par lequel on accède à la planète Richard Mille réunit l’accueil, les bureaux de Dominique Guenat et de sa direction. à l’étage travaillent une quarantaine d’horlogers en charge de l’assemblage des montres et les jeunes en formation. En traversant la passerelle, le bâtiment historique de la famille Guenat accueille les spécialistes du contrôle et du SAV et le département Recherche & Développement. Un lieu central et vital pour le fonctionnement de l’entreprise.

Quelques hectomètres plus bas dans le village, ProArt ne vit qu’au futur. C’est dans cet espace stratégique de la galaxie Richard Mille (une usine extrême pour des produits extrêmes, dit-on au sein des équipes) que sont fabriquées la plupart des pièces essentielles – boîtiers, lunettes, platines, ponts, sans oublier vis, roues et autres pièces décolletées. Ce que l’on remarque en premier, c’est l’étonnante quantité de machines-outils, parmi lesquelles dominent les appareils CNC multiaxes capables de sculpter des chefs-d’œuvre de dentelle à partir d’un bloc de métal, sans même parler des capacités de fabrication à partir de Carbone et Quartz TPT®.

Seuls quelques milliers de montres sortent chaque année de la manufacture, toutes fabriquées en petites séries, mais la grande variété des modèles impose de disposer de grosses infrastructures et de moyens techniques très importants. Mais, cela suppose aussi des partenariats avec des spécialistes des technologies de pointe, comme ceux de l’université de Manchester, de McLaren Applied Technologies et de la société anglaise North Thin Ply Technology qui ont, par exemple, permis la conception de la RM 50-03 McLaren F1 taillée dans un Carbone TPT® injecté de graphène.

Toutefois, l’extrême modernité de ces équipements, dont certains ne sont pas dévoilés afin de préserver un voile de secret, côtoie de près la tradition horlogère et l’artisanat le plus pur. On trouve en particulier un grand nombre de polisseurs qui, dans une intense concentration, travaillent à la main pour donner aux pièces un rendu esthétique absolument irréprochable. Une exigence que l’on retrouve à chaque étape de fabrication. « Chaque montre Richard Mille subit les contrôles qualité les plus pointus jamais réalisés jusqu’alors dans la profession », estime-t-on au sein de la manufacture. Au-delà d’une observation visuelle stricte de chaque composant qui permet de vérifier leur perfection, un programme informatique a été mis au point pour suivre chaque pièce dans le processus du contrôle qualité. « Nous voulons vérifier que tous les critères fonctionnels et esthétiques sont obtenus et une fois la montre assemblée, toutes les fonctions sont testées avec la plus extrême attention et vérifiées jusqu’à cinquante fois. »

Pour la manufacture, l’objectif est de continuer à créer des montres toujours plus étonnantes et spectaculaires. Toujours plus Richard Mille, pourrait-on dire…

Rencontre avec Dominique Guenat, coprésident de Richard Mille

Pour Dominique Guenat, PDG Guenat SA montres Valgine et associé de Richard Mille, l’essentiel est de développer la marque familiale dans un environnement de travail hautement qualitatif. Pour le bien-être de tous les acteurs.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

« Mon parcours est assez classique : des études en économie, un petit peu d’architecture, avant d’entrer dans la vie active. Un passage par l’administration en fiscalité avant la reprise de l’entreprise familiale, en 1984. J’ai rencontré Richard en 1988, ai collaboré pour les montres “Mauboussin” dès 1990 et développé des produits Richard Mille à partir de 1999. »

Le choix de posséder une manufacture assure-t-il la pleine indépendance industrielle ?

« Il convient avant tout de définir ce qu’est réellement une manufacture. Nous n’avons pas l’intention de tout produire nous-mêmes, tant le réseau de sous-traitance est de qualité en Suisse. Il s’agit de maîtriser les éléments essentiels de la montre, à savoir le boîtier, le bracelet métal et les éléments principaux du mouvement. La maîtrise est pour nous synonyme de qualité et de réactivité. »

Combien la manufacture compte-t-elle de collaborateurs et d’horlogers aujourd’hui ?

« Actuellement 130 personnes qui sont réparties sur deux sites. »

Quelle est la place des jeunes dans l’entreprise ?

« La moyenne d’âge de nos collaborateurs est de 39 ans. Nous formons six apprentis, principalement horlogers, mais également en commerce et en mécanique. Il s’agit de formation duale, une partie en entreprise et une partie en école professionnelle. Nous recherchons le meilleur équilibre entre la jeunesse et l’expérience. »

Certaines marques mènent des recherches sur la haute fréquence, d’autres sur les matériaux de type silicium, ou encore la chronométrie. Quelles voies technologiques d’avenir explorez-vous en priorité ?

« Nous avons beaucoup travaillé jusqu’à présent sur la recherche des matériaux, avec pour objectif la légèreté alliée à la résistance et à la durabilité du produit. Nous menons différentes recherches au niveau du mouvement. Vous comprendrez aisément qu’il est difficile d’en parler, à ce stade. »

Le cours élevé du franc suisse est-il une opportunité pour la haute horlogerie allemande ?

« Je ne suis pas certain que l’horlogerie allemande ait tiré profit de l’abandon du taux plancher du franc suisse par rapport à l’euro. Le choc a eu lieu il y a plus de deux ans et la baisse des exportations suisses n’a pas profité aux industries étrangères. »

L’avenir passe-t-il par le développement d’une famille de mouvements plus grands ?

« La grandeur des mouvements dépend la plupart du temps de leur complexité. Il existe beaucoup de grands mouvements, alors qu’il est difficile d’en trouver des petits, notamment pour les montres féminines. C’est la raison qui nous a poussés à développer, en 2009, notre premier calibre pour équiper notre collection dame. »

La montre connectée vous apparaît-elle comme une menace sérieuse à terme pour l’horlogerie traditionnelle ?

« La montre connectée trouvera certainement sa place sur le marché, mais je ne la vois pas comme une menace pour l’horlogerie traditionnelle. Autant la montre mécanique est synonyme de pérennité, autant l’électronique impose un renouvellement constant de ses composants et en relativise la valeur. Les montres connectées seront confinées au moyen-bas de gamme uniquement. »

Quels sont les axes de développement qui vous tiennent particulièrement à cœur ?

« Nous sommes une entreprise familiale et souhaitons le rester. Il me tient à cœur, depuis le début de notre aventure, d’allier l’important développement de la marque à un environnement de travail le plus qualitatif possible pour le bien-être de tous nos collaborateurs. »

Avez-vous une complication préférée ou fétiche ?

« Pas vraiment, je les apprécie toutes, que ce soit le capteur de g de la RM 36-01, l’heure universelle sur la RM 63-02, ou encore le chronographe à rattrapante de la RM 50-03 McLaren F1. »

Votre prochaine nouveauté en 30 secondes.

« La prochaine nouveauté est en cours de développement et nous n’en parlerons que lors de sa présentation officielle… Très bientôt ! »

Richard Mille réunit performances et audace esthétique

On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, dit-on. C’est probablement en songeant à ce vieil adage que Richard Mille, coutumier des vols long-courriers, a concocté une montre de grand voyageur. Comprenez un modèle capable d’indiquer l’heure partout dans le monde en même temps. Ainsi est née la RM 63-02 Heure Universelle. Héritière d’un modèle conçu en 2013 – la RM 58-01 Heure Universelle Tourbillon se caractérisant par une simplification maximale de son mode d’utilisation –, cette pièce rejoue la même partition, mais cette fois avec un mouvement automatique manufacture : le calibre CRMA4.

Serez-vous surpris, connaissant le goût de Richard Mille pour les matériaux innovants, d’apprendre que ce mouvement est assemblé autour d’une platine en titane traité électroplasma, matière dans laquelle sont également réalisés les ponts ?

On retrouve le titane, gage de solidité et de légèreté, dans le boîtier et la lunette tournante, élément central de la RM 63-02, comme l’ont expliqué ses concepteurs : « Montée sur roulement à billes pour un maniement fluide, c’est sa rotation qui permet la sélection d’un fuseau horaire. En positionnant à 12 h le nom de la ville où l’on se trouve, la montre définit automatiquement l’heure locale, ainsi que celle des 23 autres villes du monde grâce au rehaut gradué sur 24 heures. » Il suffit de s’exercer une fois ou deux pour assimiler facilement ce fonctionnement, d’autant plus qu’un disque bleu et blanc aide à distinguer les heures de jour et celles de nuit.

Précisons encore que cette fameuse lunette bidirectionnelle interagit directement au cœur même du mouvement squeletté, assurant ainsi une étanchéité à 30 mètres du boîtier de 47 mm de diamètre, au look impressionnant avec son cadran dévoilant tout ou presque des rouages et composants. Un choc visuel qui se reproduit en retournant le boîtier et en découvrant le rotor en or rouge et titane.

Toujours dans le but d’aider les voyageurs à rester en contact avec le présent malgré les décalages horaires, la date s’affiche de façon très lisible en haut du cadran. Autre atout pratique : la montre dispose d’un sélecteur de fonction disposé à 4 h, qui permet de sélectionner d’une simple pression le remontage, la mise à l’heure ou encore la position neutre.

Heure rose

Si l’on parlait à l’instant d’un choc en observant la RM 63-02 Heure Universelle, nul doute que l’on subit une deuxième secousse en découvrant la RM 07-02 Pink Lady Saphir aux volumes généreux (46,75 x 32,90 x 14,35 mm).

La forme tonneau du boîtier et le dessin de la carrure prouvent instantanément qu’il s’agit bien d’une Richard Mille. Mais une RM tout de même bien particulière, puisque son boîtier est réalisé dans un bloc de saphir rose. Si l’effet visuel fonctionne à merveille, la difficulté technique est à la hauteur de la réussite esthétique. « La fabrication de ce boîtier nécessite près de 40 jours d’usinage et de finition. » Le défi se prolonge sous cette robe rose, où l’on retrouve un mouvement automatique, calibre CRMA5, assemblé autour d’une platine squelette en or rouge serti de centaines de diamants !

Face à ce feu d’artifice coloré et scintillant, la masse oscillante se veut à la hauteur et prend la forme d’un rotor à géométrie variable. Un procédé qui permet d’adapter le remontage automatique de la montre au mode de vie de son heureuse propriétaire (et aux activités qu’elle pratique). Belle, rebelle et technique en plus !

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